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Le samedi 27 avril prochain Solidarité Bolivie organisera une journée spéciale Bolivie à Annemasse. Au programme : gastronomie et témoignages. L’équipe du conseil d’administration travaille sur l’organisation et reste à l’écoute de toute initiative et envie de participer, mais en attendant que tout soit bouclé, retenez la date !

 

bolivie-merAccès à la mer : la Bolivie déboutée par la Cour Internationale de Justice de la Haye

La Bolivie est un pays enclavé, qui n’a pas d’accès à la mer, et ce depuis une invasion chilienne, et une guerre perdue par les Boliviens, en 1883. Début octobre 2018 , cette question est revenue dans l’agenda politique de la Bolivie du fait de la procédure engagée par le Président Evo Morales auprès de la Cour Internationale de Justice de la Haye.

 

 

Bref historique

Dans les années 1860/1870 Anglais et Chiliens se positionnent sur la relance d’exploitation de différents gisements ( salpêtre,  nitrate, cuivre, or….). 

Ainsi en 1879 le Chili envahit la côte Bolivienne avec la bénédiction de compagnies britanniques directement intéressées par l’exploitation de ces mines. Il prend la province d’Atacama à la Bolivie et écrase la coalition « Pérou-Bolivie ». 

Au terme de 2 années de conflit (la guerre du pacifique) la Bolivie perd 400 kms de littoral !

Depuis cette date plusieurs propositions ont fait l’objet de négociations entre les 2 pays sans qu’aucune d’elles n’aboutisse. Celles-ci varient entre le retour des provinces de Tacna et d’Arica (1926) et l’attribution d’un couloir d’accès à la mer(1950).

En 1976, en réponse à une proposition du Chili, le Pérou accepte la création d’un corridor en partie sur son territoire mais demande que les provinces qui longent la mer bénéficient d’une souveraineté partagée entre la Bolivie, le Pérou et le Chili.

En 2013 le président Evo Morales sollicite la cour internationale de la Haye, pour qu’elle oblige le Chili à négocier un accord pour un accès à la mer de la Bolivie.

Cinq ans de procédure, et une  grande  déception pour la Bolivie : 

Le 1er octobre 2018, La Cour internationale de justice a rejeté par 12 voix contre 3 la demande de la Bolivie : 

Non, le Chili n’est pas obligé d’engager des négociations avec son voisin a dit la CIJ, en précisant toutefois qu’ « avec la volonté des deux parties, des négociations sérieuses pourraient être engagées ».

Cette décision a crée une forte désillusion auprès de la population Bolivienne et suscité de nombreux débats dans la classe politique. Pendant tout le mois d’octobre  elle a fait l’objet de la une  de  la presse locale. 

Des enjeux importants

Les relations diplomatiques entre les deux pays sont rompues depuis 1978 et la question maritime est au cœur de la discorde. Selon Evo Morales le président bolivien, le fait de ne pas avoir  d’accès à la mer est un frein à la croissance du pays et à son ouverture au monde

Cependant  certains  voient dans la demande maritime un objectif électoral  pour le président bolivien.Celui-ci  brigue un quatrième mandat, alors qu’en principe la constitution bolivienne l’interdit. 

Mais le chef de l’État s’est défendu début octobre à l’assemblée générale des Nations Unies : "Ce conflit ne peut pas être ramené à un objectif conjoncturel, d’ordre politique ou électoral. Il remonte aux origines mêmes de ce différend territorial, qui date de la fin du XIXe siècle." 

Evo Morales s’est engagé à relancer le dialogue avec le Chili qui lui,  est  évidemment  satisfait du positionnement de la Cour internationale de Justice.

 

Patrice Bonnefoy