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Le samedi 27 avril prochain Solidarité Bolivie organisera une journée spéciale Bolivie à Annemasse. Au programme : gastronomie et témoignages. L’équipe du conseil d’administration travaille sur l’organisation et reste à l’écoute de toute initiative et envie de participer, mais en attendant que tout soit bouclé, retenez la date !

 

 

x20180928 125702Retraité de l’action éducative et sociale depuis le 1er janvier 2018,  j’avais envie de réaliser un projet personnel différent de ceux que j’avais réalisé jusqu’alors. Les idéestournaient autour d’actions ou projets humanitaires. 

C’est à partir de relations amicales que  j’ai  connu Pierre Marmilloud et Solidarité Bolivie.

Très rapidement j’ai senti que je pouvais trouver là des personnes et un espace répondant  à mes attentes et que mon projet intéressait l’association.

Les quelques échanges  avec Pierre et Nicolas , ont permis de constater  des valeurs partagées. Ainsi  la relation de confiance établie, j’ai pu construire un  projet d’un type particulier : la découverte de la Bolivie à travers le travail social. 

 Le 4 septembre j’arrive à la Paz à la fois émerveillé et plein d’interrogations sur ce qui m’attend. Sur les conseils de Pierre j’ai prolongé mon voyage en avion jusqu’à Cochabamba pour avoir un temps d’acclimatation progressif à l’altitude. Je  remonte alors à la Paz en autobus, en passant par Oruro.    

 1er regard sur la vie Bolivienne : beaucoup de couleurs dans les rues, des marchés partout,  les cuisines de rue, des gens souriants,  détendus, en ville des moyens de transport incompréhensibles,  etc….mais  aussi 2 types de population indigène et européenne, culture traditionnelle et  culture moderne, premiers signes d’une interrogation qui va m’accompagner tout au long de ces 2 mois :  comment concilier cette aspiration à préserver son héritage culturel et cette volonté d’inscrire la Bolivie dans le monde d’aujourd’hui ?

Très rapidement je me retrouve dans le feu de l’action : Eduardo  directeur du département action économique et sociale à l’université de Cochabamba, me présente aux étudiants, aux professeurs et me voila en train de répondre à des questions sur la France , la Mondialisation,  et je suis bien embêté quand on me demande de donner mon avis sur l’état de la Bolivie. Pour eux c’est sur la Bolivie doit aller de l’avant. Mais a partir de quel modèle économique ? Les étudiants et professeurs semblent partagés : libéralisme ou collectivisme ?

 Soulagement !  mon niveau d’espagnol, bien qu’imparfait, sera suffisant. 

Partout, pendant ces 2 mois,  je suis très bien accueilli. Je suis perçu comme le  représentant de Solidarité Bolivie,  ce qui va  constituer une porte d’entrée exceptionnelle : ouverture,  confiance,  respect …. 

 La Paz ! Ville singulière nichée au creux d’un plateau, dans des tons ocres.  Chaque petit bout de terrain est construit,  même dans des pentes impossibles.  un moyen de transport génial : le téléphérique .  Mais que dire d’El Alto cette excroissance pauvre de la Paz sur le plateau à 4200 mètres d’altitude qui n’en finit pas de grandir pour aujourd’hui dépasser sa mère-capitale !

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Rapidement j’accompagne les équipes de Contexto dans leur activité  auprès des groupes de femmes et de leurs enfants dans les quartiers pauvres. Je participe à l’animation de ces groupes et je réponds aux interrogations sur la vie en France, mais aussi sur le travail social, ….. il est rassurant de constater  que quand nous nous adressons à l’autre en temps que « Ser humano » : la famille, les enfants, les joies,  les peines…. Les différences s’estompent.

Une surprise également dans les interventions de Contexto : c’est la place de la religion et de l’engagement politique. Pour un travailleur social formaté à la neutralité politique et à la  laïcité comme ancrages de l’intervention sociale à la française, les interrogations ne manquent pas !

Ce travail avec Contexto me conduit ensuite à Sucre, ancienne capitale  au climat très agréable, et à Potosi,  célèbre par ses mines,  et pour moi ville fondatrice de l’engagement de Pierre .

 Isolés en pleine campagne dans les hauteurs de Potosi, je passe quelques jours  au Centre de réhabilitation de personnes dépendantes (Alcool et drogues), le Centre Jésus Valle. Une équipe  de 2 professionnels,  qui vivent 24 h /24,  7 jours sur 7 avec 15 personnes à soigner , à accompagner et à soutenir…..beaucoup d’engagement, mais aussi beaucoup de professionnalisme : respect !

Des temps  collectifs, des relations individuelles … Bref,  un temps fort  de mon voyage.

Apres un WE touristique au Salar d’Uyuni, je rejoins Tarija, pour passer une semaine auprès de padre Miguel, qui intervient dans 4 prisons de la région. Derrière 20181002 200250 9les murs de la prison un véritable village avec ses commerces, ses métiers …. illusion d’une vie carcérale humanisée !

La réalité c’est  la misère, la  drogue, le racket en tout genre, ….bref un endroit où l’injustice fait loi !

Et au milieu de tout cela un homme, un prêtre,  qui tous les jours  apporte  son humanité, sa bonne humeur, sa foi …. à des êtres en perdition.  Un grand Monsieur !

Après mon départ Miguel me tient informé des drames et  nombreux incidents qui émaillent la vie à  Morros Blanco (mutinerie, meurtres, suicides…) autant d’évènements qui viennent confirmer la mauvaise gestion, et la corruption de la Direction de cette prison. Miguel, seul, dénonce.

En remontant sur La Paz je participe aux rencontres nationales des femmes à Cochabamba .. .avec l’agréable surprise d’y voir le Président, Evo Morales ! 

 Un bref séjour à Villacayma, village Qhichwa à 80 kms d’Oruro !  Des habitants très pauvres , pas d’eau courante, mais une vie sociale et une organisation collective vraiment riches,  soutenues par le CISED.  Mais comment font-ils pour vivre dans un tel dénuement  ?

Retour sur La Paz auprès de  Julia et Carlos d’Eco Jovenes.  Des actions collectives de prévention auprès des jeunes,  très bien construites et très bien animées ,  en lien avec les collèges, les Lycées ….et la police ! 

Ma dernière rencontre sera avec une équipe d’éducateurs de rue sur El Alto, Maya Paya Kimsa, qui travaille avec les enfants des rues. Des enfants, des jeunes, des jeunes filles,   livrés à la jungle urbaine et une équipe  très professionnelle,  qui leur tend la main pour les aider à sortir  de cet engrenage infernal .

Bref , un voyage fait de belles rencontres, de découvertes, de débats enflammés, d’amitié …. Une belle aventure humaine !

 

Grésy sur Aix, le 14 novembre 2018

 

Patrice Bonnefoy