Voici une contribution de Natty : un écho de l’actualité en Bolivie.

morales1Ma Bolivie continue d’être mon pays bien aimé avec tout son « carnaval politique » ! La ville de La Paz où je travaille, c’est l’endroit où il y a le plus d’options de travail pour moi. Les offres du secteur public dépendent de la carte du parti au pouvoir, le Mouvement vers le Socialisme- MAS. Je travaille dans le secteur privé, une université privée.

Département de Santa Cruz

A l’égal de La Paz, Santa Cruz, est  même le département qui offre le plus d’opportunités : il grandit dans tous les sens, avec une forte urbanisation. Il y a des ventes de terrain dans des lotissements appelés « petites villes », à grand renfort de publicité, au niveau national. Chaque année, dans la période des pluies, il y a des accidents par défaillance des systèmes d’écoulement. Personnellement, j’ignore si c’est mieux dans ces « petites villes ». Ces derniers mois, Santa Cruz a été touchée par deux manifestations de racisme, l’une dans un  bus, l’autre à l’université. Dans le 1er cas, c’est une femme, vêtue à la mode occidentale qui refuse un siège à une femme vêtue à la mode indienne ; dans le 2ème, il s’agit d’un prof de l’université publique envers une étudiante considérée comme de l’altiplano, la montagne, par opposition à la plaine. Ces deux cas ont été portés au niveau national et devant la justice, grâce aux moyens de communication sociale ; c’est clair que la  technologie, Internet, permettent de faire connaître ce genre de faits, à la vitesse de la lumière, vidéo à l’appui. Ces faits nous montrent que le racisme est encore fort dans notre milieu.

Par ailleurs, le secteur de l’agriculture de Santa Cruz, est très satisfait vu qu’il est favorisé par les nouvelles politiques, entre autres, l’élargissement de la frontière agricole, la nouvelle usine de fertilisants comme l’urée, la réalisation de retenues d’eau, la nouvelle loi qui bénéficie au biocombustible, les prêts pour le secteur productif, avec de l’argent destiné au début aux retraites.

Départements de Potosi et Oruro

Potosi et Oruro continuent d’être d’abord des producteurs de minerais,  jouissant actuellement de bons prix : ils dépendent toujours des prix  mondiaux qui jouent comme « le yoyo » ; même ainsi, en connaissant cette réalité, nous n’avons pas la culture de l’épargne, nous n’apprenons pas la leçon, nous continuons à dépenser avec facilité et quand nos ressources se réduisent, nous continuons à dépenser de la même manière, aussi bien au niveau de la famille que du pays.

Des faits significatifs

Actuellement, il y a une animosité entre Chuquisaca et Santa Cruz à  cause d’un puits de gaz situé à Incahuasi, à cheval entre les deux départements. Sucre réclame sa part de devise, avec l’argument que ce territoire lui appartient tandis qu’il est compté pour Santa Cruz. Sur ce fait, le Président ne participe pas aux fêtes de Sucre, ce 25 mai. Notre Président est très hormonal, avec des ressentiments et habitué aux louanges, aux révérences, il a donc décidé de punir Sucre en le privant de sa présence.

Les jeux sud américains sont en train de se dérouler en Bolivie, dans le département de Cochabamba. Lors de l’inauguration, notre Président se préparait à donner son discours, avec le motif d’être un bon sportif, souvent il apparaît jouant au foot, et c’est déjà prévu d’aller en Russie, visiter Poutine, dans la période du mondial, comme il l’avait déjà fait  au Brésil et en Afrique du Sud. En fait il s’est trouvé désappointé avec les cris du public : « Bolivie a dit non » lui rappelant que sa prétention à un nouveau mandat présidentiel n’était  pas légale. En fait, ce genre de choses ne l’affecte pas, il s’arrange en passant par-dessus ces  affrontements, comme l’autruche qui ne veut pas voir. Dans ce dernier cas au stade, il a abandonné la cérémonie d’ouverture sans prononcer son discours.

Notre Président affronte un autre problème avec les universitaires d’El Alto. Il y a quelques jours, il y a eu une manifestation publique à El Alto avec la mort d’un étudiant. Les manifestations se multiplient, El Alto est une ville sans peur et tous les politiques cherchent toujours à s’entendre avec eux, pour gagner des points  à leur avantage. Espérons qu’il n’y ait pas davantage de morts.

En résumé

La situation est paradoxale : s’il y avait aujourd’hui des élections, Evo gagnerait, on ne veut pas accepter que c’est la meilleure option que nous avons ou, dit d’une autre manière, la moins mauvaise. La Bolivie continue avec une absence de liders, et ceux de l’opposition ou de droite, continuent à se disputer pour être présidents, à titre personnel, ce qui démontre clairement leur intérêt personnel et financier par-dessus le but de travailler pour le pays.

C’est évident que la Bolivie jouit d’une stabilité économique, qu’il y a du travail pour celui qui veut, même si ce n’est pas toujours  un  travail convenable.

C’est évident que notre Président veut être éternel au pouvoir, qu’il n’accepte pas l’idée de le laisser, je crois qu’il se demande : et après, que vais-je faire ? Il me semble qu’il souffre, à l’avance, du syndrome de la personne qui souffrirait  son premier licenciement. Malheureusement,  le pouvoir lui plaît, et dans son langage reviennent toujours ces mots : «  je vais investir », « je vais donner de l’argent », comme si c’était le sien et qu’il sortait de sa poche. Même ainsi, je ne sais pas si un autre président de droite aurait fait mieux.

Les moyens sociaux( Internet) jouent un rôle important dans la dénonciation des irrégularités de nos gouvernants et moi-même, comme beaucoup, j’utilise ces moyens, nous sommes heureux que jusqu’à présent, ils soient libres, bien que la majorité des « mels » d’internet soient souvent avec des piques racistes envers notre Président. Je suis pour une expression libre, mais quand il y a des piques racistes on aboutit au contraire du but recherché.

C’est important de préciser qu’il s’agit de mon sentiment personnel et non la vérité.

Natty  Pari