CONCERT

 

Le Père MARMILLOUD s'est lancé un nouveau défi à la hauteur de ses convictions : donner un peu de bonheur à de petits Boliviens injustement emprisonnés avec leurs parents en favorisant la construction d'une maison d'accueil au cœur de la prison .

"La chorale Sing'in : Chantez avec Nous" a proposé d ’ offrir un concert pour aider à la réalisation de ce projet :

le Dimanche 7 Janvier 2018 de 15h à 16h à l'église Sainte Geneviève des Bressis .

Venez tels les Rois Mages lui apporter votre précieux soutien .   

Sur une demande de Pierre, voici un écho du voyage que je viens d'effectuer en Bolivie avec une amie. J'y suis retournée quinze ans après pour retrouver des amis, et cela fut très fort.
Nous sommes « montées » peu à peu de Santa Cruz, à Sucre jusqu'à Potosi, mais ma compagne de voyage ayant mal supporté les 4000m d'altitude de Potosi, dut être hospitalisée, notre voyage s'arrêta donc là, sans poursuivre à La Paz.

 

Les changements
Je fus stupéfaite par les changements. Les routes ne sont plus des pistes, elles sont asphaltées. Dans les campagnes, les pylônes flambant neufs transportent l'électricité. La philo est enseignée dans les collèges avec des programmes appropriés. N'importe quel Bolivien a son cellular (téléphone portable) : je me suis trouvée ridicule devant une indigène en pollera qui manipulait le sien bien plus habilement que moi qui ne suis que débutante en ce domaine. Le matin, à Potosi, les enfants courent vers leur école comme une volée de moineaux, une classe visite une pharmacie traditionnelle, dans la cour du collège les garçons bien alignés récitent en chœur, avant d'entrer en cours.
Tous les jours, à Sucre comme à Potosi, on assiste à des défilés de jeunes, des lycées, des universités, le jour comme le soir, avec répétitions la veille, et également, à des processions religieuses (les églises sont pleines le dimanche, avec énormément de jeunes). Nous avons aussi assisté à  une manifestation populaire contre les gestionnaires nationaux de l'eau.

Les véhicules se sont multiplié incroyablement et si je croyais la circulation parfois difficile il y a quinze ans, ce n'était rien à côté des embouteillages actuels, de voitures, mais aussi de micros (bus) malgré les rues en sens unique (à Potosi en particulier).
Les avions ne sont pas de reste. L'an dernier, à Sucre un nouvel aéroport a été ouvert en dehors de la ville, à cause de la dangerosité du lieu et de l'accroissement du trafic aérien. En même temps l'ancien aéroport militaire de Potosi a été ouvert à l'aviation civile. Etonnée, je constate que les Boliviens utilisent à plein, ce moyen de transport.
De même, Uyuni, qui ressemblait à une ville de western, vide, il y a 32 ans, regorge d'hôtels et de magasins de luxe, et a, elle aussi maintenant, son aéroport. Il est vrai que cette ville est à l'entrée du Salar et tout y est fait pour le tourisme. S'il est source d'emplois, il a aussi ses revers écologiques et sociaux.

 

Mon étonnement
Il est vrai que mes amis font partie des classes moyennes et modestes et que nous n'avons pu aller dans le campo auprès des indigènes, donc nous n'avons récolté que les avis d'une partie de la population. Mise à part une responsable de mouvement catholique, généralement on nous a opposé l'avis plutôt négatif d'Evo Moralès (de la corruption ? ou celle de son mouvement), ce qui oblitère tous les progrès réalisés depuis son arrivée. Un mouvement d'opposition déjà amorcé depuis son accession au pouvoir semble s'accentuer.

Je ne puis m'empêcher de rapprocher cela de tout ce qui se passe en Amérique Latine pour remplacer les gouvernements progressistes en place, comme au Brésil où un vrai corrompu, actuellement en justice, a succédé à Dilma Roussef, comme il se passe actuellement au Venezuela, sans que toutes les données ne paraissent dans nos médias.
Maurice Lemoine, journaliste et ancien rédacteur en chef du Monde diplomatique, qui couvre l’Amérique latine depuis plus de quarante ans, nous expliquait, l'an dernier, au couvent dominicain de l'Arbresle, comment la droite (extrême), dans la ligne du néo-libéralisme, soutenue par les Etats-Unis, veut reprendre la main dans les pays latino-américains. Ces pays, après s'être sortis de la dictature, ont pu mettre en place des programmes sociaux. Ces interventions se faisant maintenant, sans intervention militaire américaine, comme au Honduras (2009), au Paraguay (2012), Argentine.
Les médias jouent un rôle important, comme chez nous, dans la fabrication de l'opinion.

 

En conclusion

Je reviens avec un sentiment mêlé. Beaucoup d'évolution, de progrès, des initiatives, comme le projet de Bio Salud, à Sucre, et à Potosi, qui permet un accès à la santé pour tous, médecine alternative, en particulier dans un nouveau quartier à Potosi, quartier populaire où j'y ai retrouvé Nelly et Lucia très impliquées et dévouées.
Je n'ai plus vu d'enfants cireurs de chaussures (remplacés par un homme à Potosi), d'enfants  crieurs dans les micros et des femmes qui vendent des oranges sur le trottoir, mais qui vendent, mieux installées, des sucreries de mauvaise qualité. Et ce bruit qui court de corruption...

Marie Hélène Gérôme